7ème Journée
: Vendredi 19 avril 2002
Rencontre avec Monsieur Daniel
VALTCHEV, Président de la Commission parlementaire de l’intégration européenne :
M.
Valchev nous a accueilli dans les locaux de l'ancienne maison du parti communiste
où l’on trouve aujourd'hui une partie des bureaux des députés bulgares. La
rencontre a commencé par une brève présentation de la structure de la commission
parlementaire d'intégration européenne. Celle-ci est composée de 24 membres,
dont 12 députés du mouvement ( " Mouvement National Siméon le Deuxième
") du Premier Ministre Bulgare M. Siméon Saxe- Cobourg- Gotha qui est
le plus grand parti au sein de l'Assemblée Nationale Bulgare. Les deux autres
grands partis - le parti Socialiste Bulgare et l'Union des Forces Démocrates
- se partagent chacun 10 sièges. Enfin le parti de la minorité turque - Mouvement
pour des Droits et Libertés - a 2 représentants.
Le président
de la Commission a continué par une présentation de ses 3 fonctions principales
:
1)
fournir des opinions approfondies sur les projets de lois et leurs cohérence
avec l'acquis communautaire ; éventuellement apporter des modifications qui
font respecter les normes européennes.
2)
exercer un contrôle sur le déroulement des négociations avec le Commission
européenne ( le négociateur principale, les ministres responsable pour les
différents chapitres des négociations et le ministre des affaires européennes
sont obligé de présenter des rapports réguliers sur le déroulements des négociations,
le progrès des celles dernières et les problèmes qui apparaissent au cours
des pourparlers.
3)
être l'intermédiaire entre le Parlement, les milieux politiques et la société
civile en termes larges pour améliorer la compréhension des défis posés par
l'intégration européenne au sein de la société bulgare.
Toutes
les décisions au sein de cette commission parlementaire sont prises par la
voie du consensus, nous a également déclaré M. Valchev.
En
poursuivant sur l'état des négociations, il nous a confirmé que tous les chapitres
sont ouverts ( même les discussions sur l'avenir de la centrale nucléaire
bulgare avaient été engagées) et 17 avaient déjà été clôturés au moment de
notre rencontre.
Le
président s'est aussi exprimé sur la formule 10+2 qui prévoit une deuxième
vague avec seulement 2 pays. Les deux étant la Bulgarie et la Roumanie, cette
formule n'est pas du goût des autorités bulgares, mais malheureusement c’est
une réalité avec laquelle les responsables politiques du pays doivent compter.
M.
Valchev a également tracé quelques menaces pour la candidature bulgare à l’adhésion
à l'UE qui peuvent potentiellement compromettre une grande partie des reformes
déjà effectuées par le pays au cours de ces dernières 10/12 années après la
chute du communisme :
1.
le risque de voir la Bulgarie sans suffisamment de soutien politique, administratif
et financier après le " BIG BANG " de la première vague, ce qui
pourrait provoquer des ressentiments d'euroscepticisme et de résistance aux
reformes dans la population.
2.
des nouveaux problèmes liés au processus de ratification des traités d'adhésion
de la Bulgarie à l'UE une fois qu’ à Bruxelles siègent non 15, mais 25 pays.
3.
préoccupation de voir la candidature du pays du coup liée au progrès que des
pays comme la Macédoine ou la Croatie réalisent sur leur chemin vers l'adhésion
et qui sont sans doute moins avancés que la Bulgarie dans ce processus.
4.
problèmes économiques d'ordre général .
Le
président de la Commission a terminé sa présentation par les deux principales
demandes de la Bulgarie avant l'adhésion :
1.
participation aux élections européennes en 2004 sans, bien sûr, le droit de
vote qui arrivera automatiquement une fois le pays devenu membre de l'Union.
2.
un calendrier bien précis avec des délais clairs ; garanties que les procédures
d'adhésion ne changeront pas en route une fois que les 10 premiers pays deviennent
membres à part entière. ( Le fameux " ROADMAP ").
12
heures 15 – 14 heures :
Ø
La Représentation de la Commission
européenne
Rencontre avec
les responsables dans la Représentation de la Commission européenne en Bulgarie
Les
impressions de la représentation de l’Union européenne à Sofia – il faut probablement
les commencer par l’architecture. Puisque le bâtiment – que l’UE partage d’ailleurs
avec l’Ambassade du Royaume Uni (pur hasard ou signe de l’art britannique
de lobbying auprès de l’UE ?)- , flamboyant neuf, donne au visiteur un
avant-goût des bâtiments qui l’attendent à Bruxelles… Tandis qu’autour, de
très jolies vieilles maisons attendent un investisseur. Vient ensuite le contrôle
de sécurité le plus poussé de la semaine (mis à part les boîtes de nuit),
et nous voilà au cœur du pouvoir européen à Sofia…
Notre
interlocuteur, un jeune fonctionnaire allemand, s’excuse pour son niveau de
français et impose l’anglais pour notre conversation (dommage – j’avais toujours
cru qu’il fallait parler l’anglais et le français pour entrer à la commission…).
Une
conversation qui sera très franche, très ouverte. Et qui commence par un rappel
du rôle de la représentation. Commençons par ce qu’elle ne fait pas :
négocier l’adhésion de la Bulgarie (cela se déroule à Bruxelles). Mais elle
rédige les fameux rapports sur le développement du pays, qui jouent un rôle
non négligeable pour les négociations, et, surtout, elle aide le gouvernement
bulgare et les acteurs de la société civile à remplir les formulaires, pour
pouvoir profiter de la manne bruxelloise qui départage les subventions des
divers programmes de pré-adhésion.
Après
le court exposé introductif, c’est le temps des questions. Et les questions,
nous en avons à la fin de cette semaine…
La
Bulgarie sera-t-elle parmi les pays du premier groupe ? La commission
n’en décide pas, mais le Conseil, qui a trouvé la fameuse formule « douze
plus deux ». Est-ce que ce choix a été un bon choix stratégique ?
Ne risque-t-on pas d’agrandir encore le fossé qui sépare la Bulgarie des autres
pays ? Et les autres nouveaux membres ne risquent-ils pas de bloquer
l’entrée de la Bulgarie, une fois qu’ils font partie du « club » ?
Notre interlocuteur envisage la possibilité d’une aide renforcée pour les
Bulgares et les Roumains (« l’argent
peut être trouvé ») et une sorte de
déclaration sur l’honneur des autres
pays de l’Est lors de leur adhésion.
Pourquoi
applique-t-on des critères politiques dans le cas de la Pologne, mais des
critères « objectifs », macro-économiques pour la Bulgarie et la
Roumanie ? Une décision du Conseil, non pas de la Commission. Et, puisque
nous insistons : surtout de la part d’un Etat membre, qui a une longue
frontière avec la Pologne et qui va mal la Pologne reléguée au deuxième groupe.
La
commission ne devra-t-elle plutôt verser l’argent directement aux collectivités
locales au lieu de les verser au gouvernement ? Encore des directives
politiques, sur lesquelles les gens sur place n’ont pas d’influence… Les contacts
avec les institutions bulgares ? Très positif, une bonne ambiance.
A
la fin d’une très longue et très intense discussion, nous quittons le bâtiment
style Bruxelles communautaire avec l’impression que la Commission fait plutôt
bien son travail et que la Bulgarie doit surtout tâcher d’ influencer le Bruxelles
politique, les Etats membres… La pierre d’achoppement ? la quasi absence
de groupes de pression bulgares à Bruxelles.
14
heures 30 – 16 heures 30 :
Ø
Rencontre avec le Président d’une importante
société informatique bulgare (M. Stoïan MITEV). L’intérêt essentiel de cette
rencontre : un bon exemple de réussite dans ce pays somme toute plein
d’avenir.
17
heures 30 – 18 heures 30 :
Ø
Réception de trois d’entre nous dans les
locaux de Radio France International (RFI) Sofia, pour une interview de vingt
minutes.
Après la télévision, c’est à la radio
de relayer notre initiative. Nous avons été questionnés en premier lieu sur
nos pronostics pour l’élection présidentielle en France et sur notre analyse
de la montée des extrémismes. Puis nous avons fait la promotion de notre projet,
donné notre avis sur les perspectives des relations Bulgarie – Union Européenne,
et fait part de nos attentes pour les années à venir. Nous avons surtout pu
faire ici le bilan de nos prestigieuses rencontres de la semaine. Cette interview
devait être retransmise le lendemain des résultats du premier
tour de l’élection présidentielle, c’est-à-dire le 21 avril 2002.