8ème Journée
: Samedi 20 avril 2002
11 heures – 13 heures :
Ø
L'œuvre
des organisations non gouvernementales en Bulgarie ; Rencontre au “St. Sofia Bridge Project - Street Children and Youth”.
Organisé avec Monsieur Lenko
LENKOV de la Fondation pour une Bulgarie libre et démocratique
Nous avons eu la chance de pouvoir passer
une matinée au sein d’un foyer pour jeunes de la rue, le « St. Sofia
Bridge Project » dans la banlieue de Sofia. Les éducateurs du centre
ont d’abord accepté de répondre à nos questions sur les objectifs et le fonctionnement
du centre, puis nous avons partagé un moment avec les enfants du foyer dans
une ambiance très sympathique.
Le St. Sofia Bridge Project est
une organisation opérationnelle depuis le 1er juin 1999 et constitue un partenariat
avec le « British Charity ChildHope ». Il a notamment été approuvé
par la Commission Européenne dans son programme «Initiative Européenne pour
la Démocratie et la Protection des Droits de l’Homme ». Le foyer que
nous avons visité, « Faith, Hope and Love » fait partie de cette
structure, mais est ouvert depuis 1995. Il s’agit d’un foyer social qui offre
un refuge aux enfants en grande difficulté, avant qu’ils ne puissent retourner
au sein de leur famille. Le foyer comporte ainsi une structure d’accueil en
continu pour des enfants de trois à seize ans, dans la limite de 32 places.
Les enfants accueillis sont pour leur grande majorité d’origine Rom, et le
centre se concentre sur la scolarisation de ces enfants au parcours personnel
souvent douloureux.
Le travail de ce centre a valeur d’exemple
en Bulgarie et il a déjà été largement médiatisé, lors de la visite de Mme
Hillary Clinton notamment. Cette médiatisation semble avoir vocation à faciliter
le développement d’autres centres aux activités comparables, à proximité d’autres
grandes villes Bulgares notamment. Elle permet aussi d’attirer des fonds de
donateurs publics et privés pour soutenir le développement de ces centres.
Nous avons ensuite pu visiter le foyer
et rencontrer les enfants. L’établissement nous a fait très bonne impression,
et notre rencontre avec les enfants fut un grand moment ! Nous avons
partagé avec eux un gâteau au chocolat et des friandises amenées de Sofia
et ce fut l’occasion de faire connaissance avec eux. Ces enfants semblaient
heureux et pleins de vie. Nullement surpris de notre présence, ils nous ont
au contraire encouragé à partager leur repas et se sont fait un devoir, pour
certains d’entre eux, de nous faire visiter leur foyer.
Il faut avouer que ce foyer semblait
véritablement un « établissement-modèle », celui que l’on montre
aux visiteurs étrangers et que l’on cite en exemple. Il présente donc la double
image, celle d’un immense espoir de foyers accueillants et bien organisés
pour l’accueil de jeunes en grande détresse, mais laisse également imaginer
le manque de moyens dont souffre la plupart des établissements de ce type
en Bulgarie.
En tout état de cause, cette visite
nous a vraisemblablement permis de mieux percevoir certaines difficultés du
peuple Bulgare et de ses enfants. Nous connaissions les chiffres de la pauvreté,
mais leur perspective est différente entre les salles feutrées des Palais
de la Présidence à Sofia, et la réalité du terrain, celle des éducateurs du
centre « Faith, Hope and Love » qui luttent au quotidien pour soigner,
orienter et éduquer des enfants Bulgares en grande détresse.
NB : Quelques mots sur la situation des ONG en Bulgarie :
La situation
des ONG en Bulgarie ressemble à celle que l’on trouve dans les autres pays
de l’Europe post-communiste : dans les années 1989/90, lors des révolutions
respectives, il y avait un grand intérêt pour les ONG, notamment en matière
d’environnement. Dès que la situation économique s’est aggravée, cet intérêt
a connu un fort déclin, les besoins primordiaux prenant le devant. Depuis
la fin des années 1990, alors que la situation économique tend à se stabiliser,
les ONG connaissent un regain d’intérêt.
La Bulgarie
compte aujourd’hui, selon les différentes sources, entre 1500 et 2000 ONG
actifs (environ 3000 à 3500 ONG se trouvent « en sommeil »). Ces
ONG couvrent divers secteurs d’activités.
- Environ la
moitié sont des « Chitalishta », c’est à dire des organisations
traditionnelles qui s’occupent de l’éducation et de la culture.
- L’autre moitié
des ONG est notamment engagé pour les droits de l’homme, l’environnement et
la lutte « Anti-corruption » (notamment le réseau « Coalition
2000 », qui regroupe les différents acteurs de la société civile pour
s’attaquer à la corruption).
« Le »
grand problème des ONG est le financement. Toutes les ONG sont très dépendantes
des subventions internationales ou gouvernementales. Un rôle important est
joué par l’Union européenne à travers son programme « PHARE » et
par USAID, qui est l’agence de la politique du développement des Etats-Unis.
Cette aide explique en grande partie le début d’une professionnalisation des
ONG bulgares. En revanche, un financement par des mécènes ou des citoyens
fortunés et engagés paraît, à moyen terme, difficile à mettre en œuvre.
Les ONG connaissent
sur le niveau local de plus en plus de succès. Au niveau national, elles ont
moins d’influence, mais la situation s’améliore également. Elles participent
de plus en plus souvent au processus législatif. En 2001, la Bulgarie s’est
en plus doté une loi très moderne qui règle le statut juridique des ONG, qui
a été très incertain au-paravant.